Coyetier, riche des présents de Louis XI, s'était fait bâtir l'hôtel en question. Il avait pris pour devise ou pour symbole «selon l'usage grossier de ce temps-là,» un abricotier dans un écusson penché qu'il avait fait sculpter au-dessus de la porte d'entrée «parce que, dit Germain Brice, le mot était composé de son nom (Coyetier) et d'abri, pour faire entendre que Coyetier était à l'abri et en sûreté dans ce lieu de retraite éloigné de la cour.» Il y vécut et mourut en effet tranquillement.
Arras (rue d'): Ce nom vient du collége qui très anciennement se voyait dans la rue.
Arsenal (rue de l'): Les bâtiments qu'occupe aujourd'hui la bibliothèque sont ceux de l'ancien arsenal.
Aubry-le-Boucher (rue): On l'appelait ainsi dès le XIIIe siècle. Ce nom lui vient paraît-il, d'un boucher nommé Aubry qui y demeurait; car, outre qu'elle était voisine de la Grande-Boucherie, on la désigne ainsi dans les plus anciens titres. À une certaine époque, le peuple, par corruption ou pour abréger, prononçait: Briboucher.
Aubigné (rue d'): Agrippa d'Aubigné, né en 1550, mort en 1630, a laissé des Mémoires sur les guerres de religion auxquelles il prit une part active. Il était grand'père de Mme de Maintenon.
Audran (rue): Gérard Audran, né à Lyon en 1640, mort à Paris en 1703, a laissé un grand nombre de gravures qui sont des chefs-d'œuvre. Maniant avec une rare habileté la pointe et le burin, ayant au plus haut degré l'intelligence du dessin, il savait au besoin faire disparaître les incorrections et les négligences des originaux qu'il reproduisait d'ailleurs avec une rare fidélité. On cite entre ses planches les plus remarquables l'Enée, la Sainte-Agnès, d'après le Dominiquin, la Femme adultère,—le Temps—Pyrrhus, d'après Poussin; les Batailles d'Alexandre, d'après Lebrun, etc. Audran sut mélanger parfois heureusement l'eau forte et le burin. Milézia va jusqu'à dire de cet éminent artiste: «Il n'a point eu d'imitateurs et ne pouvait en avoir; pour graver comme Audran, il faudrait être ce maître lui-même.»
Augustins (rue des vieux): Elle s'appela ainsi parce que ce fut en cet endroit que les religieux Augustins eurent leur premier établissement.
Austerlitz (quai et pont d'): On leur donna ce nom en mémoire de la bataille gagnée, le 2 décembre 1805, par les Français sur les Austro-Russes.
Ave Maria (rue de): Ce nom fut donné par le roi Louis XI à un couvent de religieuses de la Tierce-Ordre pénitente et observante de St-François. Ce couvent sert aujourd'hui de caserne.