Plus de cinq cents voix se firent entendre aussitôt en prononçant une acclamation immense que les échos répétèrent dans toutes les montagnes.
Mieux eût valu que celui qui excitait l'admiration générale se fût abstenu de cet exploit.
Tout à coup la voix de Mirza Mohamed arriva aux oreilles de ses sujets.
—Quel est l'audacieux qui a osé tirer ainsi?
Fatteh-Ali, la tête basse, pouvant à peine retenir son arme dans ses mains tremblantes, atterré en un mot au milieu de sa joie, avoua sa culpabilité par son silence.
A l'instant, Mirza Mohamed ordonna à deux de ses guides de s'emparer du jeune homme. La colère du despote éclata violente, sans pareille.
—C'en est trop! Cet enfant est un aspic réchauffé dans mon sein. Son audace mérite une punition exemplaire! Si je n'écrasais ce reptile dans son oeuf, il me renverserait un matin du trône des Paddishahs.
Nul parmi les chasseurs n'osait élever la voix en faveur de l'imprudent
Fatteh-Ali; aussi le retour à Téhéran fut-il triste et silencieux.
A peine rentré dans le palais, Mirza Mohamed manda près de lui Fatteh Ali. Le shah, assis dans un coin sur des coussins moelleux, ressemblait assez à un reptile venimeux replié sur lui-même et prêt à fondre sur sa proie timide.
Le neveu, qui comprenait que sa vie était en danger, se jeta aux pieds du souverain son oncle.