Celui-ci, sans se laisser émouvoir, prit à côté de lui, sur un escabeau de bois de santal incrusté de nacre, un coffret en citronnier qu'il ouvrit sans mot dire, et d'où il tira un vieux mouchoir taché de sang.

—Vois-tu ce corah! dit Mirza Mohamed à son neveu.

Le jeune Persan baissa la tête.

—Sais-tu de qui est ce sang? Non. Eh bien, c'est celui de ton père!

L'horreur de Fatteh-Ali se manifesta par un tremblement convulsif.

—Il était aimable et imprudent comme toi, continua le shah; il devint ambitieux et rebelle. Je surpris ses projets et je le fis empaler. Tu as agi comme lui, malheureux! tu voulais t'emparer de mon trône, tu mourras comme ton père.

—Pitié! s'écria Fatteh-Ali.

—Qu'on l'emmène! hurla le despote, et que demain au point du jour mes ordres soient exécutés sur la place du palais.

On fut obligé d'emporter hors du harem l'infortuné qui s'était évanoui. Il ne revint à lui que fort tard dans la soirée, pour mieux comprendre l'horrible situation qui lui était faite.

Tandis que ceci se passait, la nouvelle de la condamnation de Fatteh-Ali était parvenue aux oreilles de sa soeur.