«Le valeureux Roldan, armé de pied en cap, arriva, monté sur son coursier, le vigoureux Briador, sa pesante épée Durlindana bien assujettie à la ceinture, la lance en arrêt et le solide bouclier passé à son bras gauche. A travers la visière du heaume, ses yeux ardents lançaient des flammes, il frémissait et, s’inclinant avec sa lance ainsi qu’un jonc flexible, fièrement défiait toute l’armée ennemie.

—Très bien—s’écria le tio Licurgo en battant des mains.—Et moi aussi je dis comme D. Reinaldos:

«Que personne ne touche à don Reinaldos s’il veut se bien tirer d’ici! Celui qui voudrait autre chose en sera si bien récompensé que ni lui ni aucun de ceux qui le suivront ne sortira de mes mains avant d’avoir été haché en pièces ou vigoureusement châtié.»

—Ramos, tu ne refuseras pas de souper, tu ne refuseras pas de prendre quelque chose, n’est-il pas vrai?—dit la señora.

—Je ne prends rien, rien, rien,—répondit le Centaure—à moins que vous n’ayez, par hasard, un plat de poudre à me servir.

Cela disant, il poussa un bruyant éclat de rire, fit plusieurs tours dans l’appartement, tandis que tout le monde l’examinait attentivement, puis, s’arrêtant auprès du groupe, il fixa les yeux sur doña Perfecta, et d’une voix de tonnerre s’écria:

—Je dis qu’il n’y a plus rien à dire. Vive Orbajosa, mort à Madrid!

Et il déchargea un tel coup de poing sur la table que le plancher en trembla.

—Quelle puissante vigueur!—s’écria D. Inocencio.

—Tu as des poings qui...