—C’est étrange—dit le chanoine.—Vivant dans la maison, il n’avait pas besoin de s’entourer de tant de mystère... Il pouvait prétexter une indisposition et rester... N’est-il pas vrai, señora?

—Librada,—s’écria celle-ci au comble de la fureur,—je te jure par le Sauveur crucifié que tu iras aux galères.

Et elle joignit les mains en entre-croisant ses doigts avec tant de force que le sang fut près d’en jaillir.

—Sr. D. Inocencio—poursuivit-elle—mourons... il ne nous reste plus qu’à mourir.

Puis elle fondit en larmes.

—Du courage, ma chère señora—dit l’ecclésiastique d’une voix émue.—Beaucoup de courage... C’est maintenant qu’il faut en avoir. Ceci demande du calme et un grand cœur.

—Le mien est immense, dit en sanglotant la señora de Polentinos.

—Le mien est tout petit—dit le chanoine—cependant nous verrons.

XXIV.
LA CONFESSION.

Pendant ce temps, le cœur brisé, les yeux secs, ne pouvant trouver ni calme ni repos, pénétrée d’une douleur immense et sentant sa pensée aller sans cesse et revenir du monde à Dieu et de Dieu au monde, Rosario, presque sans force, à demi-folle, était, à cette heure avancée de la nuit, seule au milieu de l’obscurité et du silence, dans sa chambre, à genoux sur le carreau, les pieds nus, les mains jointes, le sein brûlant, appuyée contre le bord de son lit.