—Je vous demandais cela—ajouta le curé d’un air bonhomme en remplissant l’assiette de son ami—parce que ma nièce veut que vous l’accompagniez un moment. Elle a je ne sais quelle commission à faire, et il est un peu tard pour qu’elle sorte seule.
—Est-ce qu’elle va chez doña Perfecta?—demanda Ramos.—J’y suis déjà passé, mais n’ai pas voulu m’arrêter.
—Comment va la señora?
—Elle n’est pas très rassurée..... Je lui ai pris cette nuit les six garçons qu’elle avait chez elle.
—Croyez-vous donc qu’ils ne seraient pas utiles là? demanda Remedios avec inquiétude.
—Ils seront plus utiles à Villahorrenda. Les hommes courageux s’amollissent en restant dans les maisons, n’est-il pas vrai, monsieur le chanoine?
—Sr. Ramos, cette maison ne doit jamais rester seule—dit sérieusement le Penitenciario.
—Les servantes suffisent de reste à la garder. Croyez-vous, Sr. D. Inocencio, que la préoccupation du brigadier soit d’assaillir les demeures de ses adversaires?
—Oui; puis, vous savez bien vous-même que cet ingénieur de tous les diables.....
—Pour cela... les balais ne manquent pas dans la maison—répliqua plaisamment Cristobal.—D’ailleurs, il faudra bien qu’on finisse par les marier... Après ce qui s’est passé...