—Grondez-moi, ma chère tante; je l’ai sans doute mérité,—répliqua Pepe qui commençait à se faire aux amabilités de la sœur de son père.
—Non, non, c’est un simple conseil que je veux te donner. Ces messieurs verront que ce n’est pas sans raison.
Rosarito écoutait de toute son âme.
—Je veux seulement te dire que lorsque tu iras de nouveau visiter notre belle cathédrale tu tâches de t’y tenir avec un peu plus de recueillement.
—Mais qu’ai-je donc fait?
—Je suis loin de m’étonner que tu n’aies pas conscience de ta faute—indiqua la señora avec une feinte gaîté.—C’est tout naturel: habitué à entrer avec le plus grand sans-gêne dans les athénées, les clubs, les académies et les congrès, tu crois qu’on peut entrer de même dans le temple de la divine Majesté.
—Mais, señora, je vous demande pardon—dit Pepe sérieusement—je suis entré dans la cathédrale avec le plus grand recueillement.
—Mais je ne te gronde pas, mon Dieu, je ne te gronde pas. Ne le prends pas ainsi, sans quoi je me tairai. Messieurs, excusez mon neveu. Il ne faut pas s’étonner d’une inadvertance, d’une distraction... Depuis combien d’années n’as-tu pas mis les pieds dans un lieu sacré?...
—Señora, je vous jure... Enfin, mes idées peuvent être ce qu’on voudra, mais j’ai l’habitude de garder la plus grande réserve dans l’intérieur des églises.
—Ce que j’affirme... allons, si tu vas encore te fâcher, je ne continuerai pas... ce que j’affirme, c’est que plusieurs personnes en ont ce matin fait la remarque: les messieurs Gonzalez, doña Robustiana, Serafinita, enfin... te le dirai-je? tu as attiré l’attention de Monseigneur l’évêque... Sa Grandeur s’en est plainte à moi ce soir, chez nos cousines, en ajoutant que si elle ne t’a pas fait mettre à la porte, c’est uniquement parce qu’on lui a dit que tu étais mon neveu.