Elles coururent toutes les trois au balcon pour voir quelqu’un qui passait dans la rue. D. Juan Tafetan, profitant de ce moment, se pencha vers Pepe et lui dit à voix basse:

—Quels démons! n’est-il pas vrai?... Pauvres créatures!... Il semble vraiment impossible qu’elles puissent être si gaies, alors... soyez-en bien certain, alors qu’elles n’ont pas dîné aujourd’hui.

—D. Juan, D. Juan!—cria Pepilla. Par ici vient votre ami Nicolasito Hernandez, autrement dit Cierge Pascal, coiffé de son chapeau à trois étages. Il s’avance en priant à voix basse, sans doute pour les âmes de ceux qu’en les ruinant il a envoyés dans l’autre monde.

—Je parie que vous n’oserez pas l’appeler par son sobriquet.

—Voulez-vous voir?

—Juana, ferme les jalousies. Laissons-le passer et lorsqu’il tournera le coin, je crierai Cirio! Cirio Pascual!

D. Juan Tafetan les suivit sur le balcon en disant:

—Venez, D. José; il faut que vous fassiez connaissance avec ce type.

Pepe Rey mit à profit le moment où les trois sœurs et D. Juan s’amusaient follement à jeter à Nicolasito Hernandez le surnom qui le rendait si furieux, pour s’approcher avec précaution de l’un des nécessaires de couture qui se trouvaient dans l’appartement et y déposer la demi-quadruple qui lui restait du jeu.

Puis il courut aussi au balcon juste au moment où la cadette et la plus jeune des sœurs Troya criaient en éclatant de rire: Cirio Pascual! Cirio Pascual!