—Il faut prendre les choses comme les dispose... Celui qui lance la foudre.
—Et, à propos, où allons-nous mettre ce pauvre vieux magot?» dit doña Paca en palpant Frasquito qui, bien qu’il ne fût pas sans connaissance, se remuait et parlait à peine, étendu sur le sol et arrimé contre le mur.
Comme, depuis le mariage d’Obdulia avec Antonito, on avait vendu son lit, il surgit une difficulté d’installation domestique que Nina résolut en proposant de dresser son propre lit dans un petit coin de la salle à manger pour y placer le pauvre malade. Quant à elle, elle mettrait sa paillasse par terre et l’on verrait bien s’il n’y avait pas moyen d’arracher ce pauvre infirme aux ongles de la mort.
«Mais, Nina de mon âme, as-tu pensé à la charge que nous nous mettons sur le dos? «Toi qui n’as pas la force, porte-moi sur tes épaules», comme dit l’autre. Te paraît-il que nous soyons, nous autres, dans le cas de nous mettre à protéger qui que ce soit?... Mais achève de me conter: c’est don Romualdo béni qui....
—Oui, madame, Romualdo..., répondit la vieille qui, dans son ahurissement, n’avait point eu le temps de forger son mensonge.
—Que cet homme soit béni, mille fois béni!»
Doña Paca s’étant calmée, on ne pensa plus qu’à l’installation de Frasquito, lequel n’avait point l’air de se rendre bien compte de ce qui se passait. Enfin, quand on l’eut mis au lit, il reconnut la veuve Juarez, et lui montrant sa gratitude par un serrement de mains et des soupirs affectueux, il lui dit:
«Telle fille, telle mère.... Vous êtes le vivant portrait de la Montijo.
—Que dit cet homme?
—Il prétend que nous ressemblons toutes à... je ne sais qui..., aux empereurs de France.... Enfin ne vous en occupez pas.