les mêmes hommes n'aiment pas à la fois les livres et l'argent,

et ton troupeau, ô Epicure, a pour les livres du dégoût;

les avares et les amis des livre ne vont guère de compagnie,

et ne demeurent point, tu peux m'en croire, en paix sous le même toit.

«Personne donc, en conclut un peu vite le bon Richard de Bury, ne peut servir en même temps les livres et Mammon».

Il reprend ailleurs: «Ceux qui sont férus de l'amour des livres font bon marché du monde et des richesses».

Les temps sont quelque peu changés; il est en notre vingtième siècle des amateurs dont on ne saurait dire s'ils estiment des livres précieux pour en faire un jour une vente profitable, ou s'ils dépensent de l'argent à accroître leur bibliothèque pour la seule satisfaction de leurs goûts de collectionneur et de lettré.

Toujours est-il que le Philobiblon n'est qu'un long dithyrambe en prose, naïf et convaincu, sur les livres et les joies qu'ils procurent. J'y prends au hasard quelques phrases caractéristiques, qui, enfouies dans ce vieux livre peu connu en France, n'ont pas encore eu le temps de devenir banales parmi nous.

«Les livres nous charment lorsque la prospérité nous sourit; ils nous réconfortent comme des amis inséparables lorsque la fortune orageuse fronce le sourcil sur nous.»