Omer ne les écoutait point. Il désignait une branche du baliveau qu’il élaguait.
— Faut-il la couper ?
Ils se turent pour considérer le petit arbre. Ils se sentaient, tous les trois, dominés par les chênes. Ils se savaient devant la nature moins importants qu’eux. Et ils les servaient sans humiliation.
— Elle l’empêche de pousser ! répondit Maïténa.
— Dommage ! fit Pascal. Ce coin n’aura plus d’ombre.
— C’est une branche gourmande qui gêne l’arbre. Quand elle sera par terre, il sera tranquille. La sève montera tout droit sans se perdre en chemin. La cime se redressera. Et elle fera de bonnes choses. Il n’y a que la tige qui compte.
— Faut-il la couper ? recommença l’élagueur indécis.
— Mais oui !
— Pauvre ombrage ! fit Pascal.
La jeune femme recula. Omer colla ses doigts à son coupe-haie. Il regardait fixement la branche qui était à sa hauteur.