— C’est le printemps qui te tracasse !

Maïténa Otéguy faisait effort sur elle.

— Je vais y aller, accepta-t-elle tout à coup.

Et, d’un pas vif, elle reprit la route du bourg.

Elle avait peur d’elle et d’une chose mystérieuse qui troublait sa moelle. Elle ne savait trop si elle était impatiente ou si elle luttait contre soi, mais elle hâtait le pas. Chaque fois que son cœur battait trop fort dans sa poitrine, des ondes d’ineffables voluptés couraient dans ses membres jusqu’à l’extrémité de ses doigts.

Mais, soudain, elle trébucha et tomba brutalement sur la mousse du talus. En face d’elle, Omer, qui venait de lui lancer un croc en jambes, l’examinait d’un repli de sa figure écarlate.

Elle ne lui donna pas le temps d’avancer la main ; elle se remit debout immédiatement. Elle se contenait ; elle évitait même de parler à Omer ou de marcher plus vite, de peur d’irriter son désir.

Cette alerte la rendit si froide et si maîtresse de soi que le garçon le sentit. Il resta sur place, les bras ballants.

Maïténa s’éloigna de lui. Puis, elle l’entendit crier :

— Quand tu voudras, hé !