Maï ne broncha pas.
— Tu as un oncle au bagne. C’est par atavisme. Il fallait peut-être que tu assassines quelqu’un dans ta vie.
La porte était ouverte et la chaleur qui précède le printemps entrait par gros paquets. Cette chaleur contribuait à entretenir la fièvre de Pascal.
— Ne crois pas ça, ma pauvre ! Si c’était vrai, je le saurais bien. Et, en ce moment-ci, vois-tu, je te le dirais.
Il avait une confiance absolue en Maïténa. Après la mort de son ami Virgile, il l’avait adoptée comme une sœur. Lorsqu’elle lui donnait des conseils, il les suivait à la lettre ; et il s’en trouvait bien. Il l’admirait.
— Si tu ne t’en souviens pas, c’est encore pire, fit-elle.
Plus que le révélateur lui-même, la jeune femme était sûre de la révélation d’Ourtic. Malgré son travail, elle s’ennuyait en Béarn et il lui fallait une occupation cérébrale. Elle savait, d’autre part, ce que valent les dénégations d’un criminel.
— J’ai bien voulu tuer le père, mais ça c’est une autre chose. C’est un péché de jeunesse. Il était coureur. Et il voulait se remarier. Il faut, quelquefois, faire respecter sa famille.
— En effet, ce n’est pas la même chose, car tu n’avais pas de droits sur le Virgile.
— Ça c’est exact.