Le dimanche suivant, malgré les instances d’Ambrosine, Maïténa ne revint pas à sa métairie. Et il passa assez de dimanches pour que Pascal sût qu’elle ne reviendrait point. Il se mit à veiller à l’honorabilité de son foyer. Auparavant, l’inconduite de sa femme ne l’inquiétait pas. Elle se fit sage, et il se fit sévère. Malheureusement, elle était déjà grosse.
Et il prenait conscience de sa déchéance.
Il souffrit violemment de ne plus oser passer devant la veuve. Il considéra comme un acte de courage de pousser Ambrosine à fréquenter encore Maïténa. Elle ne demandait que cela, et Maïténa l’attirait de plein gré. Les deux ennemis essayaient, par Ambrosine, de connaître leur situation respective.
Un jour, elle rentra chez elle en disant, lorsque son ventre proéminent eut dépassé la porte :
— Elle vient de recevoir une lettre de sa tante qui lui demande, une fois de plus, d’aller chez les basques. Elle est bien décidée à rester ici. Je lui ai fait jurer de ne pas changer.
Il s’approcha d’elle et la gifla durement. Il pensait à la scène du cimetière. Il espérait compenser. Mais il ne put avoir d’illusions.
Pourtant, le soir de ce jour, comme il s’attardait dans la nuit à la barrière de sa cour, il se prit à tendre le poing dans la direction de la ferme de Maïténa Otéguy.
— Méchante que tu es ! dit-il. Ça ne peut pas durer.
Et le souffle du gave, calmant et adhésif, lui rendit son poing et ses mots brisés.