Il sortit de l’eau. Il traversa la haie. Il avait laissé ses vêtements dans sa maison qui se trouvait de l’autre côté de la route. Ses muscles blancs ruisselèrent un instant sous le soleil, puis s’anéantirent derrière le battant d’une porte.

Maïténa, abaissant sa tête devant soi, vit son reflet tremblotant. Elle s’aperçut ainsi qu’elle avait un sourire frais et un pied dans la rivière. Elle sortit ses sandales, sa robe, et sa chemise. Elle descendit dans l’eau. Elle s’oignit à son tour pour la lutte.

Le gave est un mâle. Il y avait dix kilomètres qu’il ne caressait plus les roches qu’il aimait. La consécration du corps de Maïténa fut très bien faite.

XIII

Une vieille femme apprit à Pascal la nouvelle. Elle portait un lourd panier de cèpes maintenu en équilibre sur sa tête par un torchon roulé en forme de couronne. Elle tricotait en marchant et parlant. Elle avait son esprit dans ses doigts. Il était très vif.

— Alors, pauvre, le beau-père a tout vendu à la Maïténa ?

On se trouvait en juin. Pascal sortait de chez lui de bonne heure, la faulx sur l’épaule. Il appela Ambrosine :

— Viens écouter ce qu’a fait le vieux !

Déjà, la vendeuse de champignons, de peur de se compromettre, s’épuisait en rétractations :

— J’ai dit ça, mais je ne sais pas si c’est vrai. Je croyais que vous alliez me le dire. Mais n’en parlons plus ! En passant, je voulais vous montrer ces cèpes que je viens de trouver. Ils sont tout petits, tous sains, blancs et durs. Regardez ! Pas un cèpe de châtaigners, tous de chênes. Je vous laisse le panier pour trois francs.