— Pourquoi la hache ? fit-il faiblement.

Elle s’intéressait donc à cette hache qui n’avait jamais été sienne !

Pascal se mettait à soupçonner avec angoisse l’existence de chemins de traverse par lesquels la Maïténa Otéguy d’antan était revenue du Pays Basque où il l’avait envoyée. Il commençait à croire que l’incendie lui-même ne détruisait pas le virus du souvenir. Son étonnement était si honnête, si naturel, que Maïténa eut peur d’exagérer l’importance de sa hache.

Une atmosphère voluptueuse l’environnait, depuis l’entrée de Pascal. Un singulier appétit sensuel faisait se dresser ses seins, s’ériger toutes les papilles de sa peau. Son ventre se rentrait. Elle était incurvée et dure comme pour happer et écraser. Des frissons ineffables ruisselaient jusqu’à l’extrémité de ses doigts ; et, pendant ce temps, elle retrouvait sa tranquillité intérieure.

— Ferme la claire-voie ! Tu vas laisser entrer la volaille.

Cette maîtrise de soi impressionna le jeune homme. Il en remarqua les manifestations tangibles autour de lui.

Cette cuisine ressemblait déjà à la cuisine où elle évoluait auparavant. Les toiles d’araignées n’existaient plus ; les pavés étaient lavés et passés à l’ocre ; une fournée toute fraîche couvrait la nouvelle planche à pain ; et, sur la lourde table, un pichet de boisson préparée pour les sulfateurs se prélassait. Elle avait emporté son âme avec elle de son ancienne maison jusqu’à celle-ci.

— Et alors, on se retrouve, dit-il d’un air accablé.

Tout ici, surtout les yeux de Maïténa, alarmait le jeune paysan. Elle ne pouvait dissimuler sa fièvre qui était de désir. Elle ne s’en inquiétait point. Qu’est-ce que ça lui faisait qu’il sût la vérité ?

— Il n’y avait que toi à penser qu’on ne se retrouverait pas !