Il aurait voulu se jeter sur cette femme, la dépouiller de sa robe et de son autorité, et la posséder violemment. Mais il ne pouvait pas. De même qu’à l’horizon les Pyrénées tout en glaces malgré l’été se dissolvaient dans un léger brouillard, de même Pascal se dissolvait dans sa propre haleine, dans son désir.
— Et tu as de la chance, continuait-elle, que je ne puisse pas me venger sans être à toi, c’est-à-dire au diable !
Elle entr’ouvrait son corsage comme on entr’ouvre un lit ; très légèrement elle caressait la peau sensible à l’extrême de sa poitrine, et la flattait pour la calmer.
L’image de la mort était projetée par les paroles de Maïténa avec un tel relief que Pascal eut un haut-le-corps.
Il recula, ensuite, de deux pas et détourna les yeux. Elle suivit la nouvelle direction de son regard ; elle perdit contenance à son tour.
Un homme très raide, idiot et pâle, venait d’arriver près d’eux. On ne l’entendait pas respirer.
Omer Jouanou se demandait si c’était bien lui qui arrivait là. Il éprouvait la sensation atroce d’être une simple créature du cauchemar de Maï et de Pascal.
Il n’avait rien entendu ni rien vu de compromettant. Il parla le premier pour se prouver son existence. Il avait préparé sa phrase depuis longtemps.
— Et si ça me plaît de vous ennuyer !
Au son de cette voix de l’un d’eux, les trois personnages se remirent à vivre. Une soupape secrète se déclenchait. Leur sang pouvait de nouveau circuler en toute liberté.