Autour de cette chair protégée des murs, août se traduisait par les cris de la campagne poussés par les animaux en chaleur. Il y avait des nuits monstrueuses consacrées aux crapauds, aux chouettes et aux rats ; des nuits violentes offertes aux chattes ; des nuits crapuleuses aux renards ; des nuits conventionnelles aux rossignols ; des nuits spirituelles aux grenouilles ; et des nuits universelles aux femmes qui imitent les cris d’amour de tous les animaux. Toute cette harmonie érotique se répandait dans le Béarn, par ses bois, ses petites vallées, ses collines successives.
— Quelle misère ! disait-elle en jugeant de ses mains vives ses richesses charnelles. Il faut que ça cesse !
Elle se couchait donc, ce soir-là, quand on frappa à ses contrevents. Elle s’émut, éteignit la lumière. Puis elle continua à écouter, le cœur battant.
— Maïténa ! Maïténa ! gueulait une voix fiévreuse. Laisse-moi entrer, et tout sera fini ! Maïténa ! Après, je me ferai mon affaire, si tu le veux ! Et Virgile sera bien vengé, car j’aurai pu reconnaître ce que je perds ! Maïténa ! Je sais que tu ne dors pas !
La voix changeait, et devenait sarcastique :
— Et qui te dit que je t’aime, Maïténa ? Qui te dit que je ne veux pas, moi aussi, me venger de ce que tu m’as fait en excitant ta folie ?
Elle commandait :
— Ouvre-moi, Maïténa ! Tu verras comme je suis malheureux !
Puis, après des sanglots, le même homme, mais plus pauvre, insultait :
— Sale garce, basquaise, va donc coucher avec celui qui est au cimetière ! Je ne perdrai plus mon temps avec toi, charogne ! Il n’en manque pas d’autres femelles !