Tout du long du bois…
Tout du long du bois…
(Puis d’un ton triste :) Henri ? où êtes-vous donc, Henri ?
LE PÈRE, à sa femme.
A la gaieté d’Antoinette, à son chapeau d’écorce de tilleul, et au vase qu’elle porte sous le bras, on la prendrait pour la naïade de ce ruisseau ; mais on voit bien, à sa timidité, qu’elle n’est qu’une bergère. Chère épouse, à son âge vous lui ressembliez tout-à-fait, quoique vous fussiez élevée au milieu des espérances d’une grande fortune.
LA MÈRE.
Si elle trouve un jour un époux qui vous ressemble, aucune fortune ne sera comparable à la sienne.
LE PÈRE.
Tendre amie, où voulez-vous que nous fassions aujourd’hui la prière du matin ? Sera-ce au pied de ces vieux sapins qui vous rappellent le souvenir de votre patrie, ou sous ces pommiers en fleurs, à la vue des biens que nous promet pour l’automne la bonté du ciel ? Choisissez, de ces gazons verts, ou bien de ces retraites sombres où les oiseaux, à peine réveillés par les premiers rayons du jour, saluent l’aurore de leurs chansons.
LA MÈRE.