Nous prierons où vous voudrez ; partout où je suis avec vous, le sentiment d’une providence m’accompagne.

LE PÈRE.

Appelons nos enfants… Antoinette !… Henri !… Antoinette !

ANTOINETTE accourant, et d’un air inquiet.

Mon papa, je ne trouve point mon frère ! Je l’ai cherché dans la maison, autour de la maison, dans le verger, et jusque sur le bord de la forêt. Favori même, notre chien, n’y est pas. (Elle appelle :) Henri !… mon frère Henri !

LA MÈRE.

Mon fils est sorti ? et où peut-il être allé si matin ? J’ai cru cette nuit l’entendre se lever bien avant le jour ; le bruit même qu’il a fait, en se levant, m’a réveillée au milieu d’un songe : il me semblait qu’il tuait un hibou qui faisait son nid dans la haie. Mon ami, vous ne croyez pas beaucoup aux songes ?

LE PÈRE.

Chère épouse ! l’enfance a mille projets ; chaque jour votre fils en fait de nouveaux pour vous plaire ; il sera peut-être allé vous cueillir des fraises dans la forêt : vous l’allez voir revenir dans un moment. Quant aux songes, ils ne sont pas toujours trompeurs : le vôtre cache quelque chose de mystérieux. Le ciel, je l’ai éprouvé plus d’une fois, aime à se communiquer à vous, à cause de vos vertus.

ANTOINETTE.