Vous savez que près de votre bosquet de sapins, il y a un espace vide entouré de grands arbres qui en forment comme un salon de verdure.
LA MÈRE.
Oui, mais cet espace est si rempli de broussailles, d’épines noires et de troncs d’arbres pourris, qu’on ne peut en approcher.
LE PÈRE.
N’avez-vous pas remarqué, au milieu de ce chaos, un jeune chêne qui atteint à la hauteur des grands arbres qui l’environnent, et qui partage déjà sa tête en plusieurs rameaux ?
LA MÈRE.
Oui, il est plein de vigueur, et il est entouré d’un chèvrefeuille chargé de fleurs, qui s’élève jusqu’à sa cime.
LE PÈRE.
J’écarterai les mauvaises plantes tout autour de ce jeune arbre, et je placerai au milieu de son chèvrefeuille les bustes du roi et de la reine. Nous l’appellerons le chêne de la patrie : il servira de monument à nos descendants. Le jour de la fête du roi, nous rassemblerons sous son ombre les pauvres enfants du hameau voisin, et ceux des étrangers qui viennent glaner ici dans le temps de la moisson. Nous leur donnerons un repas champêtre, et nous les ferons danser toute la soirée autour de ce jeune arbre, en chantant des chansons à la louange du roi.
LA MÈRE.