LA MÈRE.
Oui, la Providence gouverne toutes choses. Souvent, par le malheur, elle nous conduit au bonheur : cher époux, vous en êtes pour moi une preuve toujours nouvelle. Mais excusez ma faiblesse : je suis femme, et je suis mère.
LE PÈRE.
Votre fils ne doit-il pas mourir un jour ? Que serait-ce donc si on vous le rapportait aujourd’hui…
LA MÈRE.
O Dieu ! éloignez de nous un pareil événement ! mais j’aimerais encore mieux que l’on me rapportât mon fils mort que de le savoir libertin. Ne trouvez-vous pas étrange qu’il fasse la nuit de pareilles excursions, à son âge ? Que deviendront ses mœurs ? Vous le savez, les familles forment les hommes avec bien de la peine ; et les sociétés les corrompent dans un moment.
LE PÈRE.
Mais nous ne savons pas s’il est en mauvaise compagnie.
LE PÈRE, à Antoinette.
Ton frère n’a-t-il pas coutume de s’écarter quelquefois de la maison ? Dis-nous-le, si tu le sais ; à moins que tu n’aies promis le secret à ton frère.