LE PÈRE.

Le vin est le bâton du voyageur.

LA DEMOISELLE.

Ah ! Monsieur, j’en ai été privée si longtemps, que ma tête ni mon estomac ne peuvent plus le supporter.

LE PÈRE.

Pour que le vin fasse du bien, il ne faut pas en user tous les jours ; il faut le prendre non comme un aliment, mais comme un cordial.

LA MÈRE, à son mari, à part.

J’aurais bien le temps, d’ici à la Saint-Louis, de faire une autre pièce d’étoffe : n’est-ce pas, mon ami ?

(Le père applaudit d’un mouvement de tête et d’un sourire. La mère parle à l’oreille d’Antoinette, qui se lève avec empressement, et court à la maison. Pendant l’absence d’Antoinette, le père et la mère servent à manger à cette demoiselle étrangère, qui, à chaque politesse qu’elle reçoit d’eux, fait beaucoup de remercîments muets de la tête et des mains.)

MONDOR, toujours caché.