ANTOINETTE, attendrie.
Maman, j’ai un grand mouchoir de cou qui ne m’est pas utile : si j’osais, je prendrais la liberté de l’offrir à Mademoiselle.
LA DEMOISELLE, en soupirant.
Oh ! non, Mademoiselle, je ne souffrirai pas que vous vous dépouilliez de vos hardes pour m’en revêtir. Ah ! puisque des gens de bien entrent avec tant de bonté dans mes peines, il faut que Dieu m’ait prise en pitié. Oui, anges du ciel, vous me donnez plus de consolation aujourd’hui que je n’en ai éprouvé depuis dix ans.
ANTOINETTE se lève en sursaut.
Ah ! maman, voilà Favori, et voilà mon frère qui le suit.
(Elle veut sortir pour aller au-devant de son frère, puis elle revient sur ses pas et se rassied auprès de sa mère.)
LA MÈRE, d’un air joyeux.
Ah ! Dieu soit loué !… Allons, allons, chère demoiselle, tout ira bien.
(Une émotion douce s’empare du père, de la mère et de la sœur, et leur fait garder le silence.)