«Un autre établissement d'un genre différent s'élève au bout de la ville, entouré de jardins. Des centaines de vieilles s'y entassent pour finir leurs jours ensemble, mais elles n'y sont admises qu'à partir de soixante ans. Quand une vieille se voit sur le point d'être abandonnée elle s'adresse au directeur de cette maison qui la reçoit moyennant un droit d'entrée de 4.000 piastres, payé une fois pour toutes. La cuisine lui sert deux repas par jour. Comme le directeur héberge de la sorte plusieurs centaines de femmes, l'on est en droit de croire qu'il doit faire de bonnes affaires.»
Leur armée.
Voici un fragment du chapitre qu'il consacre à l'armée:
«Les lois qui gouvernaient la France ont été respectées par Bonaparte, mais sous la pression des circonstances il en a créé de nouvelles qu'il a coordonnées dans un livre qu'on appelle code. La loi militaire exige que tout Français arrivé à l'âge d'homme soit soldat. Pour rejoindre son corps, il n'attend qu'un appel. Tout ce que je pourrais dire à ce sujet serait obscur si je n'expliquais d'abord que chez les nazaréens hommes et femmes sont baptisés par le prêtre trois jours après leur naissance. Le nom du baptisé est inscrit par ce même prêtre sur un registre où sont signalés non seulement les naissances mais les décès. Par l'effet de cette superstition qui permet à l'État de vérifier le nombre et l'âge de ses sujets, nul ne peut se soustraire au service militaire.
«Pour faire ses guerres la nation a reconnu la nécessité de fournir à l'Empereur un contingent annuel de 80.000 hommes. Afin d'assurer la levée régulière de cette masse d'hommes, chaque département envoie à Paris deux délégués qui sont logés dans un palais. Leurs décisions sont soumises à leur président qui les soumet à l'approbation de l'Empereur. Le chiffre de la levée est notifié aux délégués qui le communiquent aux chefs-lieux où, pour éviter tout motif de récrimination, les jeunes gens sont soumis à un tirage au sort…
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«Si grande est la diligence apportée aux choses de l'armée que les Délégués sont choisis de telle façon que leurs opinions ne soient jamais en opposition avec celles des ministres dirigeants…
«Après huit ou dix années de service, si le soldat n'est pas tué ou blessé, il est libéré. S'il est atteint d'une blessure et s'il n'a personne pour l'assister, on le reçoit dans un grand sérail où il est nourri et logé jusqu'à la fin de ses jours.
«Ces lois, les Français s'efforcent de les introduire dans les pays qu'ils ont nouvellement conquis.»