«Napoléon continue:
«—La Dalmatie non plus ne m'est guère plus utile. Toutefois, si cette contrée devait être pour l'Empire ottoman un sujet d'inquiétude, je tiens à ce qu'elle reste occupée par mes soldats.
«—Ce ne doit pas être non plus un pays fertile, ai-je insinué.
«—Oui, c'est une sottise que de toujours faire la guerre; mais je la ferai cependant aussi longtemps qu'on me mettra dans l'obligation de sauvegarder les intérêts de mon pays et les miens.
«—Les paroles de Votre Majesté sont conformes aux principes du Chéri, ai-je remarqué. Nous ne faisons jamais la guerre, nous, sans y être contraints par une nécessité.
«Cet entretien se faisait debout. Pensant qu'il devait être fatigué, je lui dis de s'asseoir.
«—Non, répondit-il: je me plais ainsi.
«Sachez, reprit-il, que la Russie et l'Autriche sont d'accord pour attiser la révolte de Karageorges, et que le but de la Russie est de faire de la Serbie une principauté sur le modèle de la Moldo-Valachie. Il ne faudrait pas que le Sultan cédât sur ce point.
«—Il s'en gardera bien, lui dis-je, mais la complicité des deux nations n'est pas encore démontrée. Maintenant j'ignore si elles n'attisent pas le feu en sous-main. Animé du désir d'éviter tout dommage aux enfants, aux femmes et aux sujets paisibles, l'État sublime n'a pas cru devoir intervenir encore militairement. Il est en proie aux mêmes préoccupations qu'au moment du siège de Vidin. L'affaire d'Égypte ayant éclaté le capétan pacha Hussein dut s'y porter avec toutes ses forces.
«—C'est juste, répond Napoléon après avoir réfléchi un instant. Mais cela n'est pas à rapprocher avec le reste. Et tout en disant cela, il sabrait fébrilement de la main.