— Je comprends, vous avez raison ; je n’avais vu que mon désir… Mais, s’il vient au cottage, vous ne pensez pas que sa cousine s’en offense ?
— S’en offense ? Non. Mais elle pourrait être un peu jalouse.
— Croyez-vous ?… Est-ce qu’ils sont fiancés ?
Et, souriant :
— Il paraît bien léger.
— On ne vous approche pas en vain, Maud. Gardonne ne m’a pas fait ses confidences ; cependant, j’incline à penser que sa famille le verrait avec plaisir épouser sa cousine… Je puis me fier à vous, n’est-ce pas ? Eh bien, il m’entretenait hier soir encore du désir qu’il éprouvait de la voir retourner en France… N’en dites rien, je vous en prie, à cause de Mme Hurstmonceaux.
— Vous pouvez être sans crainte, répondit Mme Duran avec solennité ; au fond, ce serait beaucoup plus naturel. Qu’est-ce qu’elle fait, cette jeune fille, chez les Hurstmonceaux ? Je ne crois pas qu’elle se plaise en Angleterre ; du reste, on ne sait pas, elle parle si peu. Elle cause avec vous quelquefois cependant.
— Un peu, mais elle parle surtout beaucoup avec son cousin…
— Je ne voudrais pas faire de peine à cette petite fille… je suis si fidèle de ma nature… C’est Henry qui m’a poussée à accepter l’offre de M. Gardonne, mais ce n’est pas à lui que j’obéis, c’est à vous seul, Cecil ; je ferai ce que vous m’ordonnerez…
— Je crois que le plus simple sera de s’en tenir à ce qui est décidé. Vous partez dans quelques jours ; ce sera le dénouement naturel.