— Et vous, miss Charmoy, comment sanctifiez-vous le septième jour ? Moi, je le sanctifie en me reposant.

— J’irai à la messe à Redhill ; la voiture sera là dans un moment.

— Ah ! c’est vrai, vous êtes papiste ! Mais, j’y pense, c’est très intéressant une Congrégation catholique à la campagne. Je vais avec vous, si vous le permettez.

Sylvaine, manifestement embarrassée, avait rougi.

— Cela vous contrarie ?

— Je n’aimerais pas que vous vous moquiez.

— Moi, me moquer de l’institution la plus respectable qu’il y ait au monde ! Me prenez-vous pour une imbécile ? La messe me plaît beaucoup, au contraire. Au moins, on sait pourquoi on est là. Non, chère, soyez tranquille. Si vous voulez de ma personne, je serai très sympathique.

— Alors, venez, dit Sylvaine en souriant.

Sylvaine éprouvait un secret plaisir à se rendre à la petite chapelle catholique. Une fois qu’elle en avait franchi le seuil, le sentiment d’être étrangère disparaissait ; toute l’assemblée, peu nombreuse et composée de gens assez ordinaires, était, elle le sentait, en communauté d’idées avec elle ; on la regardait avec intérêt, et la femme préposée au placement des nouveaux venus la conduisait bien en haut du chœur, tout proche de l’autel. Le correct bourgeois qui quêtait en gilet blanc la saluait avec un respect spécial. Nelly Holt partagea la réception discrètement empressée qui était faite à Sylvaine. Attentive et respectueuse, la jeune journaliste fit néanmoins un inventaire très serré de tout ce qu’elle voyait, notant sur un petit calepin dissimulé au creux de sa main gauche et écoutant le prédicateur avec tant d’attention qu’il en eut conscience et lui adressa presque son exhortation.

Quand les jeunes filles se retrouvèrent en voiture, miss Holt dit à Sylvaine :