— Darling, nous sommes enchantés de vous voir. Voici votre oncle.
Un maigre vieillard, extraordinairement net, aux cheveux rares, s’avança et tendit sa main à Sylvaine ; un œil pâle s’éclaira un peu, et une voix qui frappa aussitôt la jeune fille par sa curieuse ressemblance avec celle de sa grand’mère répéta timidement :
— Nous sommes enchantés de vous voir.
Sylvaine s’attendait à ce que son oncle l’embrassât ; il ne parut pas y songer, mais très poliment souhaita la bienvenue à Mme Delaroute que Mme Hurstmonceaux, en même temps, accablait de politesses. Puis, avec impétuosité, revenant à Sylvaine, elle dit rapidement :
— Dear, nous dînons en ville, et nous sommes déjà terriblement en retard ; vous nous excuserez. Mon cher colonel, voulez-vous sonner ? Darling, je vais vous confier à Drury, ma femme de chambre ; elle verra à ce que vous soyez très confortable. Dînez bien surtout. A demain. Venez, colonel, venez.
Et la personne du nom de Drury ayant fait son apparition discrète pendant ce discours, Mme Hurstmonceaux avait été enveloppée d’un superbe manteau de velours blanc, et tout en descendant l’escalier criait encore à Sylvaine : « Surtout, mettez-vous bien confortable ! »
— Si ces dames veulent monter dans leurs chambres un moment avant le dîner ? suggéra respectueusement Drury.
— Certainement.
Deux étages encore à gravir de l’escalier à tapis épais, aux murs encombrés d’estampes et de tableaux ; puis Drury, à la fois déférente et rassurante, ouvrit une porte, toucha un bouton, et à la lumière électrique Sylvaine vit la pièce qui était désormais sa chambre. D’une allure rapide, Drury en fit l’inventaire au bénéfice de Sylvaine, lui montra la petite salle de bains attenante, la toilette bien garnie et toute prête ; puis s’inclina, indiquant les sonnettes, et celle qui devait annoncer que ces dames descendaient dîner. Elle conduisit ensuite Mme Delaroute à la chambre qui l’attendait et, en matière de conclusion demanda :