M. Gardonne, demeuré seul avec Mme Caulfield, écouta avec stupéfaction ce qu’elle avait à lui apprendre. De parti pris, cependant, elle avait atténué les choses, parlant seulement d’une manifestation de jalousie du dernier mauvais goût de la part de Mme Hurstmonceaux. A l’instigation de Kathleen elle avait supprimé totalement l’épisode particulier concernant Archie Elliot.

— Albéric Gardonne voudrait sans doute se battre avec lui, avait observé Kathleen, et à quoi cela servirait-il, si ce n’est à créer du scandale ?

Mme Caulfield était d’avis qu’on devait à tout prix l’éviter, et en conséquence elle laissa beaucoup d’imprécision dans son récit, s’efforçant de calmer M. Gardonne qui parlait de se rendre sans retard chez Mme Hurstmonceaux et de lui dire son fait. Mme Caulfield le supplia d’attendre pour agir d’avoir causé avec Mme Gascoyne. L’agitation de l’excellent homme était telle qu’elle se réjouit sincèrement qu’il ne sût pas un mot d’anglais.

En bas, Kathleen ne passait guère mieux son temps avec Albéric ; honnêtement il lui avait exprimé sa surprise de la froideur inattendue de Sylvaine.

— Que se passe-t-il ? Que révèle donc votre mère à mon père ? Pourquoi Sylvaine a-t-elle disparu ?

— Je vais vous l’envoyer, si vous le souhaitez, répondit Kathleen ; vous vous expliquerez avec elle.

— Je vous en supplie.

Elle le laissa seul et monta.

— Sylvaine, votre cousin qui est en bas voudrait vous parler ; je pense que vous feriez bien de descendre.

Kathleen parlait d’un ton naturel et ferme.