Aussi, instinctivement, Sylvaine obéit à son appel ; et puis elle comprenait qu’elle ne pouvait échapper à un entretien avec Albéric ; alors, autant l’avoir tout de suite et que ce fût fini.
Albéric se leva quand elle entra ; elle lui parut soudain si changée, si autre, si loin de lui… et tout aussitôt il souhaita avec passion revoir le doux regard confiant qu’il avait toujours rencontré. Il s’avança presque timidement, hésitant pour la première fois de sa vie, et, de sa voix chaude et tendre, tout en prenant la main de Sylvaine, il demanda :
— Tu as donc du chagrin, Sylvaine ? Qu’est-il arrivé ?
— N’importe ; j’aime mieux n’en pas parler.
— Comment ! Pas avec moi ? Tu as des secrets pour moi, maintenant ?
Il se penchait, baissant la tête, essayant de lire sous les paupières baissées de Sylvaine. Jamais il n’avait laissé transpercer une aussi visible tendresse. Elle frémissait, tout éperdue, la gorge serrée, retenant à peine ses larmes.
— Sylvaine, qu’y a-t-il ?
Puis, d’une voix amoureuse, il ajouta :
— Tu n’as donc plus envie d’être heureuse… de revenir en France ?
— J’y retournerai.