Joyeusement il dit :

— Ce n’est pas, ce n’est pas ; pardonne-moi seulement de l’avoir nommé. Sois franche, ne me torture pas. Quand tu m’as écrit il y a quatre jours — j’ai relu ta lettre tout à l’heure en t’attendant — tu n’étais pas dans cet état d’esprit, Sylvaine ?

— Non.

Ses yeux, devenus voilés et sévères, se détournèrent.

Il pâlit. Nelly aurait parlé ? Mais pourquoi ? dans quel but ? Elle ne pouvait se faire la moindre illusion sur lui… jamais il n’avait rien promis… Cependant, l’attitude extraordinaire de Sylvaine ? Et il ne pouvait l’interroger, il ne pouvait trahir l’autre… mais il la verrait, il saurait, il lui ferait avouer la vérité… Maintenant il valait mieux ne pas insister. Câlinement il continua :

— Tu veux me punir de quelque faute ; eh bien, je ferai pénitence… j’aurai beaucoup de patience et tu deviendras moins méchante.

— Je ne pourrai pas changer.

— N’affirme rien ; va, on change. Quand tu auras été quelques mois à Escalquens…

— Je ne désire pas aller à Escalquens pour le moment, je le dirai à mon oncle aujourd’hui.

Et incapable de se maîtriser plus longtemps, Sylvaine laissa couler ses larmes.