Sans hésiter, Albéric se pencha vers elle et voulut l’enlacer ; il fut étonné de la violence avec laquelle elle le repoussa. Hâtivement elle s’était levée et, sans plus le regarder, était sortie.
Quelques minutes plus tard, Kathleen avait reparu et annonçait à Albéric que son père l’attendait.
— Vous excuserez maman si elle ne vous prie pas de remonter, mais elle est très fatiguée aujourd’hui.
Et les messieurs Gardonne étaient partis, l’un aussi sombre que l’autre.
A la fin de cette laborieuse journée, encore toute secouée de l’effort que lui avait imposé la visite de M. Gardonne, Mme Caulfield causa avec Kathleen de ce qui s’était passé. L’attitude de Sylvaine l’avait surprise au dernier point ; elle n’en pouvait revenir.
— Je m’imaginais qu’elle souhaitait épouser son cousin ; vous-même me l’aviez dit.
— Je le croyais, mais je me trompais ; elle m’a confié tout à l’heure en pleurant qu’elle désirerait pour le moment aller vivre à la campagne avec la vieille servante de sa grand’mère.
Mme Caulfield se récria épouvantée.
— Oh ! non, non, il ne faut pas. Après ce qui s’est passé, cette horrible Mme Hurstmonceaux parlera sûrement ; il ne faut pas que Sylvaine disparaisse.
— Oh ! mère ! dit Kathleen avec reproche.