Puis, se mettant en face d’elle et la regardant :

— J’aimerais tant causer un peu de votre grand’mère… Nous nous sommes beaucoup aimés quand nous étions enfants.

— Elle vous aimait toujours.

— Vraiment ? Racontez-moi…

Alors Sylvaine lui fit le récit de leur existence retirée à Auteuil, de ses longs entretiens avec sa grand’mère ; elle la représenta encore belle, d’une dignité suprême, se plaisant à tout, aimant les fleurs, les arbres, les oiseaux.

— Oh ! elle les aimait aussi quand elle était petite fille. Je suis peiné, bien peiné, de n’avoir pas revu ma pauvre Mary.

— Elle le désirait tant !

— Aussi, elle vous a envoyée à moi, à un vieil oncle qui ne vaut pas cher, mais qui sera bien heureux si vous voulez l’aimer un peu.

Et il ajouta avec amertume :

— C’est ce que personne ne fait plus depuis bien longtemps.