Toute interdite, Sylvaine s’empressa de dire :
— Si vous y tenez, tante Anna, si cela vous fait plaisir à vous…
Le visage de Mme Hurstmonceaux s’éclaircit ; cependant elle répondit :
— Je ne veux pas que votre oncle dise que vous n’êtes pas libre.
Puis, intimidée à son tour sous le regard persistant de son mari, elle ajouta d’un ton débonnaire, comme quelqu’un qui s’excuse :
— Mon cher colonel, vous savez que j’adore Sylvaine.
Le visage rouge du colonel était devenu écarlate, et apparemment il se contenait à grand’peine. Il passa à plusieurs reprises sa main tremblante sur sa grosse moustache, et ses yeux roulèrent dans leur orbite ; puis, d’un mouvement sec, il se versa un verre d’eau et l’avala.
Mme Hurstmonceaux s’était levée et s’empressait pour l’aider ; il la remercia d’un mot bref, mais reposa lui-même son verre.
Mme Hurstmonceaux profita de ce qu’elle était debout pour clore l’entretien.
— Au revoir, dit-elle.