— Le temps a paru long sans vous, Archie ; toutes vos admiratrices ont été désolées.

Il se mit à rire ; mais son regard s’arrêta curieux sur Sylvaine, puis interrogativement sur Mme Hurstmonceaux. Sylvaine s’était un peu reculée et s’était placée derrière lady Longarey.

— C’est vrai, vous ne connaissez pas ma nièce, s’écria Mme Hurstmonceaux. Ma beauté, laissez-moi vous présenter le célèbre Archie Elliot. Oh ! quand vous l’aurez entendu, vous serez comme nous, n’est-ce pas, Blanche ? On ne peut pas ne pas admirer Archie.

Sylvaine, soudain mal à l’aise pendant ce dialogue familier, salua d’une façon glaciale ; aussi fut-elle très surprise lorsqu’un moment après, le colonel Cecil Blunt étant entré dans la loge et causant avec les deux dames, elle entendit une voix à son oreille lui dire en très bon français :

— Comme Mme votre tante a bien choisi le nom qu’elle vous donnait tout à l’heure !

Saisie, Sylvaine tourna la tête pour voir tout proche d’elle M. Archie Elliot qui lui parlait presque dans le cou ; nerveusement elle avança sa chaise. Il sourit d’un charmant sourire qui découvrait ses dents à l’émail lumineux, et d’une voix très douce, presque caressante, continua :

— Avouez que vous ne savez pas du tout qui je suis.

Gravement et véridiquement Sylvaine répondit :

— Si, j’ai entendu parler de vous par Mme Hurstmonceaux…

Presque inconsciemment elle ajouta :