— Dans des pays étrangers ! Qu’est-ce que vous nous apprenez là, madame Pauline ? On va emmener votre demoiselle dans des pays étrangers ? Et qui donc, grand Dieu ?
— C’est triste tout de même, murmura M. Barrey.
— Laisse parler, dit sévèrement Mme Barrey. Expliquez-vous, madame Pauline.
— Voilà. Il paraît qu’il y a un oncle très riche, le frère de pauvre Madame qui était Anglaise, comme vous savez.
— Non, je ne le savais pas.
— Il y a si longtemps, et puis elle vivait toujours en France ; pauvre Monsieur était consul : c’est comme ça qu’il avait épousé Madame. La fille de Madame, Mme Charmoy, s’était mariée aussi avec quelqu’un dans cette affaire-là.
— Elle était bien jolie ; je me la rappelle, quand elle venait chercher des croissants à quatre heures pour sa petite ; mais pas bien sérieuse, n’est-ce pas, madame Pauline ?
— C’était étourdi peut-être, mais c’était honnête, affirma Mme Pauline. Elle allait se remarier quand elle est morte !
— Hein ? c’est tout de même regrettable qu’elle soit morte !
— Je vous en réponds, et en cinq minutes une bolie qu’on a dit, et alors ma pauvre Madame s’est trouvée avec sa petite-fille sur les bras, et on a découvert qu’entre le gendre et la fille on avait dépensé tout l’argent de la dot et du reste. Heureusement que pauvre Madame avait sa petite fortune à elle, et sa pension, parce que, comme je vous l’ai dit, son mari avait été dans les gouvernements et alors on marchait.