Et d’une voix basse :
— Il faut, chère enfant, que vous sachiez que j’ai tendrement aimé votre maman.
— Oh ! que j’ai plaisir à vous entendre me le dire, répondit Sylvaine, les larmes au bord des cils. Je me souviens si bien quand vous veniez rue de La Boëtie.
— Je vous remercie de ne pas m’avoir oublié ; je ne le mérite pas, j’aurais dû songer à sa fille. Mais je vous savais si bien, si heureuse auprès de Mme de Nohic…
Puis il ajouta avec une nuance d’inquiétude :
— Est-ce que vous êtes contente ici ? Cela doit bien vous changer.
— Oui, cela me change beaucoup en effet… Tout est un peu étrange… Ils sont très bons.
— Je l’espère ; ils doivent être trop heureux de posséder un pareil trésor ; je ne leur croyais pas la vocation paternelle et maternelle. Racontez-moi pourquoi vous n’êtes pas restée en France… Votre oncle Gardonne vit toujours cependant.
— Je crois bien ; mais quand j’ai perdu ma chère grand’mère, l’oncle Robert a offert de m’adopter, et mon tuteur a trouvé que ma place était ici.
— Mais vous auriez mieux aimé ne pas venir ? Parlez franchement.