— Certainement, puisque je ne les connaissais pas. Mais je crois maintenant que je suis utile à l’oncle Robert.

— Il est très mal, ce pauvre Hurstmonceaux, à ce qu’on m’a raconté.

— Pas si mal ; il va mieux.

— Et qu’est-ce que vous faites de Mme Hurstmonceaux ? Car vous avez dû vous apercevoir que c’est une vieille folle. Je vois qu’elle est toujours amoureuse de son Archie Elliot. Qu’est-ce qu’une petite fille comme vous devient au milieu de ces gens-là ?

Il parlait sans réticence, comme si Sylvaine devait nécessairement être au courant de tout.

Gênée de ce qu’il venait de dire, elle répondit :

— Oh ! je mène une vie très tranquille ; je monte à cheval souvent avec lady Longarey.

— Lady Longarey ! Jolie société pour vous ! Une femme dont on ne compte plus les aventures. Je m’étonne vraiment qu’Hurstmonceaux permette tout cela. Avez-vous une gouvernante, au moins ? Une dame de compagnie quelconque ?

— A mon âge, je n’en ai pas besoin, je vous assure.

— C’est précisément à cause de votre âge que vous en auriez besoin. A qui vous a-t-on présentée ? Connaissez-vous quelques jeunes filles ?