— Tous les dimanches, et fréquemment dans la semaine.
— Quel âge a-t-il ?
— Juste vingt-trois ans.
— Et il a laissé partir sa petite cousine sans protester ?
— Il a beaucoup protesté, au contraire, dit Sylvaine en souriant ; mais il a compris que c’était mon devoir d’obéir aux volontés de ma grand’mère.
— C’est Mme de Nohic qui a ordonné que vous veniez ici ?
— Non, pas précisément ; mais elle aimait beaucoup l’oncle Robert, elle lui a écrit très souvent pendant les derniers mois de sa vie ; mon oncle Gardonne pensait qu’elle aurait approuvé de me voir sous la protection de son frère…
Et levant les yeux vers M. Rakewood, Sylvaine ajouta :
— C’est triste, n’est-ce pas, d’être comme moi, sans personne à moi ?
Le vieux beau laissa tomber sur elle un regard de véritable tendresse ; par mille petits riens insaisissables elle lui rappelait sa mère. Il se résolut à lui être un ami efficace.