— Hurstmonceaux vous est très attaché ?

— Je le crois.

— Pauvre homme ! J’imagine qu’il n’est pas plus heureux qu’il ne faut avec sa riche épouse. Elle peut être terrible, la chère Anna ; je l’ai beaucoup connue à Madrid au temps où elle était Mme Green. Ils ont eu, je le sais, des scènes plutôt désagréables ensemble ; ils sont au même râtelier, mais ils n’étaient pas nés pour cela. Enfin, c’est encore une idée très convenable qu’elle a eue de vouloir vous laisser sa fortune. Il faut lui en savoir gré.

— Oh ! mais je n’y tiens pas du tout ; quand je serai majeure, je retournerai vivre en France.

— Toute seule ?

— Non, pas toute seule ; avec Pauline, notre vieille servante.

Rakewood ne fit aucune réponse directe à l’énonciation de ces étranges projets. Il dit seulement :

— Ecoutez, chère enfant ; voulez-vous m’accepter comme une espèce de second tuteur ? Il me semble que vous avez besoin d’être un peu guidée ici… et comme j’ai tant aimé votre mère…

Il s’arrêta, puis ajouta :

— Cela ne vous fait pas de peine que je vous parle de la chère créature qu’était votre mère ?