— Est-ce que vous ne trouvez pas que lady Longarey a des manières charmantes ?

— Indubitablement. Demandez-lui des règles de manières si cela vous amuse, mais jamais des règles de conduite, entendez-vous ? Du reste, maintenant, vous promettez de me consulter ; j’ai beaucoup d’expérience, je vous assure… Est-ce que vous sortez tous les soirs avec Mme Hurstmonceaux ?

— Oh ! non, je suis en deuil. J’ai été à l’Opéra une fois, parce que ma tante le désirait beaucoup. D’ailleurs, ajouta honnêtement Sylvaine, j’y ai passé une très agréable soirée… Je n’avais jamais entendu de musique d’opéra.

— Vous aimez la musique ?

— Extrêmement.

— Quel plaisir vous faites à un vieux mélomane ! J’ai beaucoup chanté dans ma vie, je chante même encore quelquefois… sans voix, mais j’y trouve de l’agrément quand même. Il faudra que je vous fasse connaître des personnes qui ont vos goûts ; ici, on n’aime que le jeu.

Mme Hurstmonceaux revenait. Elle s’approcha un fauteuil, et demanda à Sylvaine :

— Lui dites-vous que vous êtes malheureuse ?

— Précisément, répliqua Rakewood.

XIII