— Mon cousin Albéric Gardonne, colonel Blunt ; permettez-moi de vous le présenter, dit Sylvaine hâtivement.

— Charmé de vous voir à Londres, monsieur. Depuis quand êtes-vous arrivé ? Je ne crois pas que Mlle Charmoy vous attendait.

— Non, mon colonel, on ne m’attendait pas : j’ai surpris ma cousine.

— Ah ! vous êtes tombé dans un mauvais moment. Mme Hurstmonceaux est absente, Hurstmonceaux est malade ; puis-je, à leur défaut, vous être utile, en qualité d’ami de la famille ? Ce me serait un vrai plaisir.

— Mon colonel, vous êtes trop aimable.

— Où le loge-t-on, miss Charmoy, demanda d’un ton cordial le colonel Blunt à Sylvaine. Ici ?

— Non ; Forster doit trouver un lodging pour mon cousin.

— S’il en est ainsi, monsieur, permettez-moi de vous offrir de descendre chez moi ; rien ne pourra m’être plus agréable. J’ai une maison beaucoup trop grande pour un célibataire. Je demeure très près d’ici ; ainsi vous aurez toute facilité pour voir vos parents, et vous me feriez une faveur en acceptant : mon ancienne intimité avec votre oncle m’autorise à une pareille familiarité.

— Ma foi, mon colonel, votre offre me tente tout à fait — dit Albéric avec beaucoup de naturel. Seulement… vraiment… je ne sais pas si je dois…

— N’est-ce pas, miss Charmoy ? Il doit : décidez-le.