ÉTIENNETTE. — Autant se retirer dans une communauté. (S’arrêtant devant un tableau.) A-t-elle l’air de s’ennuyer, cette pauvre sœur, assise toute seule sur son banc ?
MADELEINE. — Elle regarde voler les feuilles. Voilà encore un bonheur qui me laisse froide, la campagne.
SUZANNE. — Et moi donc !
ÉTIENNETTE. — Si, moi, je l’aime à cause de la chasse. Je voudrais toujours être à cheval.
MADELEINE. — Et tu n’en as pas seulement un à toi ? C’est infect, le gaspillage des parents. N’épouse qu’un riche, Étiennette.
ÉTIENNETTE. — N’aie pas peur. J’en ai assez, des soucis d’argent. L’année dernière, je faisais encore la renchérie, mais cette année, j’ai pris mon parti : la première chose à faire en ce monde, c’est de vivre.
MADELEINE. — Et pour ça, il faut avoir des rentes. Regardez donc cette demoiselle, poupée à ressort. On aurait dû la rembourrer avec les plumes de son éventail.
SUZANNE. — Il ne doit pas être amoureux d’elle, son peintre !
MADELEINE. — Je te crois. Tiens, en voilà deux qui s’étaient donné rendez-vous.
ÉTIENNETTE. — A quoi vois-tu cela ?