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— Vous avez une belle-mère bien agréable, dit Paule à Lolo, je regrette presque d’être privée de cet objet de luxe en voyant celle-là de près ; mais c’est un tempérament méconnu que cette femme ! il est ma foi bien regrettable qu’elle ait vécu dans une époque d’obscurantisme ; quand on pense qu’une personne aussi bien douée a dû, par exemple, se soumettre pendant toute sa vie au dîner de famille du dimanche ! Je me rappelle cette monstruosité de mon enfance, on y allait mort ou vif. Est-ce que vous continuez la tradition ?
— Oui, avoue un peu honteusement, Lolo.
— Et vous ne devenez pas enragée d’envisager votre beau-père tous les dimanches, et d’entendre parler de cuisine et d’autrefois ?
— Je ne trouve pas que ce soit amusant du tout.
— Mais balancez donc cette corvée, cassez les assiettes de famille, ayez des évanouissements !
— Il faut que j’y aille, quand Léon s’en dispense…
— Ah ! c’est parfait, c’est la grande tradition : ça m’ennuie, mais ma femme ira. Voilà les nobles exemples qu’on nous a donnés et qui devaient nous encourager sur le sentier de la vertu ! Eh bien ! moi, ils m’ont profité : le jour où j’irai m’ennuyer aux lieu et place de mon mari n’est inscrit sur aucun calendrier. Maintenant, ma chère, vous réfléchirez si vous voulez de moi pour aller chez Didier, et vous n’aurez qu’à me faire un signe ; vous pourriez prendre votre belle-mère : elle brûle d’envie de faire une escapade !
Et sur cette idée qui la réjouit, la belle Paule s’envole.
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