Irène a répondu à cette caresse avec la plus séduisante douceur.
Angela, laissant épanouir sa figure de béguine heureuse, souriait avec fierté, ravie de la grâce de l'enfant. A son tour elle a embrassé Irène, lui demandant avec empressement de ses nouvelles.
— Hortense aurait voulu venir elle-même, mais elle est très fatiguée, elle a dû rester au lit et a déclaré ne vouloir voir personne aujourd'hui, pas même nous.
Il y a eu un silence auquel Angela n'a rien compris ; silence d'inquiétude chez Irène, de certitude chez moi : car je sais que parfois les maladies de la Riva sont une feinte. Elle a une femme à son service qui lui est dévouée et défend la porte de sa chambre, la disant malade, alors qu'elle sort rejoindre Maurice… Irène en a un vague soupçon, auquel cependant elle n'ose pas donner une confirmation ; et, malgré tout, l'assurance innocente d'Angela est contagieuse : à travers la porte close sa certitude lui ferait voir sa belle-sœur, lui ferait l'entendre. Aussi a-t-elle ajouté avec une candeur parfaite :
— Nous avons été lui dire adieu au moment de sortir : Marietta a entr'ouvert la porte ; mais elle dormait… Oh! elle sera tout à fait bien demain.
— Oui, oui, tout à fait bien demain! — a répété le petit Gino, comme chassant une idée importune qui semblait gâter sa joie présente.
Et il s'est retourné vers Irène. Elle l'a serré sur son cœur, et, pendant qu'Angela de sa voix pacifique me disait avec orgueil :
— Elle aime tant notre enfant!…
Irène demandait au petit :
— Tu m'aimes, dis, Gino?