Le prince Aurèle a paru se réveiller d'un songe et a dit :

— Je viendrai le prendre demain matin de bonne heure, comme je le lui ai promis.

— Prendre qui? a demandé Maurice.

— Le petit Gino ; la marquise me permet de l'emmener chez nous pour la journée.

Là-dessus, il s'est levé, a baisé très longuement la main de la Riva, nous a salués avec cérémonie, et s'est retiré. Il n'avait pas disparu derrière la porte que Maurice s'est écrié impérieusement :

— Je pense que vous ne laisserez pas votre fils aller avec ce fou.

— Pourquoi fou? a demandé la Riva.

— Mais il est connu pour ses prouesses téméraires, il a des chevaux impossibles ; il se fera tuer, un jour.

— Quelle idée, cher!… vous exagérez beaucoup… Cette promenade amusera Gino.

Il y a eu un moment d'embarras silencieux qu'Irène a rompu en disant à la Riva que nous ne voulions pas la fatiguer ; elle nous a remerciés avec des mots très doux, et elle a exprimé ses regrets de ce que sa belle-sœur ne fût pas là.