LA RUSSIE.

L'ambassadeur le plus chamarré, le plus décoré, le plus somptueux, portant l'uniforme avec une aisance parfaite et, sous toutes les grandeurs, conservant une pointe de débraillé qui est comme un cachet de race; glorieux comme doit l'être le représentant du maître de toutes les Russies.

Le personnel d'ambassade le plus complet: un conseiller, trois secrétaires, quatre attachés, tous titrés, tous décorés, et trois d'entre eux ayant des femmes charmantes en rivalité continuelle de toilette avec leur ambassadrice.

Le chasseur de Son Excellence est effrayant à force d'être imposant, et la voiture de cérémonie, toute pompeuse de dorure, est menée avec fracas; on a pour cela la véritable et ancienne tradition, alors que les gens de M. l'ambassadeur étaient une petite armée très-facilement militante; du reste, la Russie est seule aujourd'hui à comprendre et à observer intégralement les vraies coutumes diplomatiques.

L'ITALIE.

Entre celles des grandes puissances, l'ambassade la moins fastueuse. L'ambassadeur, qui est jeune, conserve quelque chose de plus personnel.—Diplomate d'une habileté reconnue, il excelle à envisager, à tourner, à résoudre les situations les plus délicates, et sous une mine d'homme uniquement galant et spirituel, ne perdant pas de vue un seul instant sa position, sa responsabilité, et demeurant toujours et partout le représentant de son pays qu'on offense, qu'on courtise, et qu'on reconnaît dans sa personne. Le moins agressif des diplomates, le meilleur collègue, d'un conseil sûr; a adopté en toute circonstance l'uniforme diplomatique vert foncé sans presque de chamarrure et paraît en petite tenue au milieu du personnel de son ambassade. Eux portent l'uniforme avec l'air de gala, d'y être et de s'y plaire. Du reste, peu nombreux, juste le nécessaire: un conseiller, un premier secrétaire et deux attachés, tous pauvres, de grande maison et toujours amoureux. C'est l'ambassade la mieux vue des princesses.

L'AUTRICHE.

Corrects et très-sérieux, l'ambassadeur et l'ambassadrice; ils sont vieux, aimables, et ne regardent guère les cérémonies qu'au point de vue de distraction mondaine, d'un grand air qu'aucune fortune diverse du pays qu'ils représentent ne change ni n'amoindrit. Restent toujours, avec la plus avenante dignité, les envoyés d'une des plus vieilles maisons souveraines de l'Europe. Dans sa longue carrière, l'ambassadeur a été témoin d'événements trop contraires pour être jamais découragé ni triomphant; en toute occasion réserve l'avenir, parle très-peu d'affaires, et jusqu'à un certain point est partisan du laisser-aller, persuadé que les questions les plus compliquées se débrouillent toutes seules; tient extrêmement à la façon dont il sera reçu, salué et reconnu par le souverain, devant lequel il demeure dans un respect corrigé par la conscience qu'il tient, lui, la place d'un autre souverain. Équipage sobre, mais d'un cachet irréprochable.