— Non, Madame, et je ne le ferai pas.
Il s'était levé et regardait Mme de Gosselies.
— Ah çà! est-ce que par hasard vous voulez me laisser comprendre qu'il y a à dire sur ma fille quoi que ce soit que je ne peux pas entendre?… Eh bien! moi, je vous dis que vous vous trompez. Je vous aime beaucoup, mon cher Raymond ; mais il y a des personnes plus perspicaces que vous ; moi, par exemple.
Raymond persistait à ne pas répondre, toujours immobile, toujours respectueux. Mme de Gosselies rassemblait ses idées, cherchait des noms, des circonstances, et, tout d'un coup, relevant la tête, et se rapprochant de Raymond :
— Tenez, je suis persuadée qu'il y a là-dessous quelque bêtise de ma petite-fille.
Il bondit.
— Berthe! Elle! Je ne veux pas… Je vous demande pardon. Ah! non, pas elle!
— Alors, c'est ma fille! Vous me faites rire, mon cher Monsieur ; vous êtes un peu trop naïf ; que ce soit de vous ou d'un autre que vienne pareille insinuation, je lui dirai qu'il est un menteur!
— Moi, un menteur! quand j'ai vu! quand j'ai vu!
— Et qu'est-ce que vous avez vu? Vous allez me l'apprendre, je vous l'ordonne, et tout de suite. J'aime bien ma petite-fille, mais à condition qu'on ne touche pas à ma fille. Je suis sensible à l'honneur d'être sa mère, et je sais très bien que je ne la vaux pas. Voyons, qu'est-ce que vous avez vu? Vous savez, ce serait le fait d'un lâche, de vous taire maintenant avec moi.