— Mais il leur a rendu service, maman : il est excellent pour la santé de se remuer ; André jouerait tous les jours s'il m'écoutait ; cela l'empêcherait d'engraisser.
— Voilà, je suis le bienfaiteur de ma famille, dit Mottelon ; mais, sans me vanter, je me flatte de vous avoir réveillés un peu, et vous étiez terriblement endormis.
— Mais, mon cher, nous sommes occupées, nous, dit Mme de Comballaz.
— Toi, ma chère, je te le concède ; mais Edmée, mais Mme de Fontanieu, mais Mme de Rollo même, avaient du temps de reste. Tu vois que Mme de Fontanieu ne demande pas mieux que de faire dix lieues quand nous voudrons pour combiner notre charade ; non, il fallait que quelqu'un commençât, et personne de vous n'y pensait ; voilà la vérité.
— Alors, Monsieur, nous devons vous offrir des remerciements? dit Mme d'Épone.
— Non, Madame, je demande seulement qu'on me comble d'amabilités, et maintenant je vais aller voir où ils en sont et les obliger à une pause. Votre gendre est un enragé, on ne peut plus l'arrêter quand il a commencé à jouer ; il me semble qu'Edmée est suffisamment reposée et qu'elle pourrait prendre la place de Mme de Fontanieu ou de Mme de Rollo.
Il se leva et s'approcha d'abord de sa sœur.
— Ah! Vincent, viens donc causer avec nous.
— Non, ma chère ; je te prie même de prendre le courage de te lever. Veux-tu jouer?
— Oui, oui. Allons, venez, vous autres, dit Mme Le Barrage, qui, pour rien au monde, n'aurait voulu paraître manquer d'entrain. Ah ça, qu'est-ce qui arrive? dit-elle tout à coup, en entendant les roues d'une voiture sur le sable : nous sommes au complet. Voyez donc, d'Ancenis, qui cela peut bien être?